Et si je me mets à pleurer ?

07/05/2020

Pleurer à son mariage

Cette question, c’est certainement celle à laquelle je réponds le plus souvent lors des accompagnements au mariage que je prodigue.

On me la pose timidement lors de premiers rendez-vous. Les couples se projettent vers leur grand jour et redoutent déjà de se laisser submerger par leurs émotions.

Et puis, au fil de nos rencontres, ils comprennent. Ils ressentent. Ils expérimentent.

Que pleurer n’est pas forcément la question mais la plus belle des réponses.
Que verser des larmes vient nettoyer beaucoup de blocages incrustés.
Qu’exprimer ses sentiments ouvre les portes d’un univers tellement porteur et prometteur.

Alors aujourd’hui, j’ai aussi envie d’aborder cette question de manière générale car je trouve qu’elle est plus d’actualité que jamais, dans un monde qui nous remue, nous secoue, nous chamboule profondément.

 

Les hommes se cachent pour pleurer

Que notre éducation ait été stricte ou libérale, j’ai la sensation que pleurer a longtemps été considéré comme un signe de faiblesse. Même si nous évoluions dans une famille où les émotions avaient leur place, c’est peut-être à l’école ou avec les copains que l’on était moqués si l’on venait à lâcher des larmes. Il y avait constamment une situation qui nous mettait mal à l’aise lorsque nous osions nous dévoiler.

Alors on a grandi avec l’idée que cela ne se fait pas de pleurer à cœur ouvert. Et au lieu d’apprendre à regarder et ressentir au-delà des portes de ce cœur, on est parti se cacher derrière.

La notion de genre venant s’en mêler, cela a toujours été d’autant plus compliqué pour les hommes que les femmes. Et c’est aussi ce que je perçois à travers les couples que j’accompagne. Je constate pourtant à quel point ces dames sont touchées et de quelle manière leurs yeux brillent quand elles voient leurs hommes s’émouvoir…

Et moi je les encourage à exprimer cela de part et d’autre. Car de quel droit peut-on donner un genre au cœur ?

 

Vers de nouveaux paradigmes

Heureusement, notre société est en train de changer, et l’on commence enfin à prendre conscience que pleurer est un signe de force. Cela prouve que l’on assume ses sentiments, que l’on ose se montrer tel que l’on est, et que l’on est assez courageux pour aller au-delà de l’avis des autres.

Et surtout, cela prouve qu’on est ancré. Ancré et posé, en paix avec soi-même. N’avez-vous jamais remarqué à quel point les pleurs d’émotion sont associés à quelque chose de particulièrement juste ? Un événement, un sentiment d’une intensité si forte que l’on ne peut pas résister, comme si notre âme cherchait à nous faire prendre conscience de quelque chose de fondamental.

Alors elle s’en mêle, elle vient titiller notre ventre, notre cœur puis le coin de nos yeux. Elle désire nous montrer ce qu’on ne peut ou ne veut pas voir. Et nous permet d’accéder à une étape importante sur le chemin de notre évolution.

 

Le jour où j’ai réappris à pleurer

Pour parler un peu de mon cheminement personnel, j’ai été coupée de mes émotions durant de nombreuses années, suite à différentes épreuves. Je crois que mon mental a muté en mode combat et pendant longtemps, j’ai transformé mes émotions en actions. Ne pas dévoiler ce qui touche et se montrer invulnérable. Ne pas être, mais faire. Ne pas trop penser et plutôt agir.

Si j’avais su… Si j’avais compris à quel point en n’osant pas mettre à jour qui j’étais vraiment, j’éteignais tristement cette lumière intérieure…

Je parle aussi souvent du jour de mon mariage où les larmes ne sortaient pas, car le stress dominait. Alors qu’au cours de tous les mois précédents, je ne faisais que pleurer en imaginant ce grand jour. J’ai tant regretté de ne pas parvenir à laisser mes émotions s’extérioriser.

Heureusement, j’ai pu transformer cela. En premier lieu à l’intérieur de moi, car à présent je fais de mes émotions mon moteur de vie. Et cela me donne la capacité d’accompagner mes couples comme de les préparer au mariage afin d’être dans le moment présent et de profiter sans réserve de la beauté et de l’intensité de ces instants si fugaces. Car je connais plus que jamais leur valeur et l’importance de les traverser pleinement.

 

Mariée émue
© Samuel Monot

Vers plus de justesse

C’est la raison pour laquelle je suis particulièrement touchée quand des personnes ou des couples me parlent de cela et me posent cette fameuse question : « et si je me mets à pleurer » ?

J’ai envie de les prendre dans les bras, de leur dire à quel point ils ont de la chance de pouvoir pleurer. Que cela signifie à quel point ils sont parfaitement connectés, à eux, à leur être profond, à leurs émotions. Et que c’est un cadeau qui n’est pas donné à tout le monde.

Et à ceux qui se gênent de verser des larmes, j’aimerais tant qu’ils comprennent qu’en bloquant ce processus naturel, ils passent à côté des plus beaux moments que l’on puisse expérimenter. Car rien n’est plus puissant que de vivre entièrement ses émotions et les honorer.

 

Homme qui pleure lors de son mariage
© Tatyana Jenni

 

C’est la vulnérabilité qui nous amènera plus loin

Verser des larmes est un processus chimique que je vois fortement en lien avec l’amour.
L’amour de l’autre, l’amour des autres, l’amour du monde, l’amour de soi.

Assumer sa vulnérabilité, c’est accepter de faire partie d’un tout, de ce qui nous relie subtilement les uns aux autres.
C’est comprendre que l’on est un maillon de cette chaîne du Nouveau Monde, qui nous ouvre de plus en plus à la conscience de qui nous sommes vraiment et au rôle que nous avons à jouer sur cette planète, en tant qu’Humains.

Que restera-t-il lorsque nous serons tellement surconnectés que nous en deviendrons déconnectés de l’essentiel ? Quelle sera la place des émotions profondes ?

Les machines, l’informatique, la robotique, l’intelligence artificielle semblent prendre une position prépondérante au détriment de l’Homme. Pourtant, s’il y a bien une chose que l’on ne peut encore pas nous voler, et que l’on doit justement développer si l’on ne veut pas voir toute l’âme de l’humanité disparaître, c’est l’Émotion.

Elle est celle qui donne le ton de l’authenticité.
Elle est celle qui nous fait sentir vivant, vibrant.
Elle est celle qui permet de Créer.
Elle est la Vie.

Alors à la question « Et si je me mets à pleurer ? », je réponds qu’ouvrir les vannes de son âme, c’est s’offrir le bonheur d’accéder à la Valeur dans son entièreté.
La sienne comme celle qui nous entoure.

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